L'histoire de Créhange

Créhange, une histoire en plusieurs temps

Les origines médiévales et la naissance de la seigneurie (XIIᵉ–XIVᵉ siècles)

L’histoire de Créhange débute au milieu du XIIᵉ siècle. En 1150 apparaît Cuno de Krichinga, issu de la famille de Malleberg, originaire des environs de Trèves. Cette lignée est à l’origine de plusieurs maisons seigneuriales influentes de la région, notamment celles de Torcheville, Fénétrange et Helfedange.
Son fils Burchard prend part à la VIᵉ croisade. Fait prisonnier devant Gaza en 1239, il regagne la France l’année suivante, témoignant de l’implication précoce de la famille dans les grands événements de la chrétienté médiévale.

Godemann de Torcheville devient ensuite seigneur de Créhange. Les seigneuries de Torcheville et de Créhange restent unies jusqu’en 1697. À cette époque, Créhange relève du Saint-Empire romain germanique et non du royaume de France, situation qui marque durablement son cadre politique et institutionnel.

 

L’apogée de la maison de Créhange (XIVᵉ–XVᵉ siècles)

À la mort de Georges de Créhange, sans héritier masculin, la seigneurie passe à son frère Wirich, décédé en 1372 ou 1373. C’est sous cette dynastie que Créhange connaît son âge d’or. Wirich obtient le titre de baron et reçoit, en 1356, l’empereur Charles IV au château de Créhange. En 1398, un privilège impérial lui accorde le droit de battre monnaie, symbole fort de puissance et d’autonomie seigneuriale.

Son fils Jean II, marié à Irmengarde de Pitlingen, cumule les titres de seigneur de Pitlingen et de Créhange. Il meurt à la bataille de Bulgnéville en 1431. Son successeur, Jean III, marié à Élisabeth de Daun, qui lui apporte le titre héréditaire de maréchal du Luxembourg, trouve également la mort en 1431 ou 1432. Il ne connaîtra jamais son fils, Jean IV.

 

Déclin progressif et fin de la seigneurie (XVe–XVIIIᵉ siècles)

La mère de Jean IV assure la régence avec une grande détermination. Le jour du baptême de l’enfant, elle doit se réfugier au Herrenwald avant de reprendre le château dans la nuit même. Jean IV est capturé en 1447 par le duc de Bourgogne et inhumé dans l’église Saint-Michel de Créhange, où subsistent encore les armes de la famille.

Après sa mort, ses enfants se partagent le comté. En 1611, Pierre-Ernest, comte de Créhange et de Puttelange, seigneur de Baccourt, parvient à réunifier le territoire. Son autorité est considérable : il possède dix-sept châteaux, une centaine de domaines et près de trois cents villages. En 1617, l’empereur Mathias érige la baronnie de Créhange en comté. Pierre-Ernest devient bailli d’Allemagne en 1626, à la suite de son mariage avec Marie-Marguerite de Coligny.

À la fin du XVIIᵉ siècle, après la mort de Jean-Louis en 1681, le comté revient à sa sœur Dorothée d’Ostfried. Sa fille unique, Louise-Charlotte, dernière héritière de la maison de Créhange, épouse Ulrich van Wied-Runkel. En 1688, Dorothée fait reconstruire le château, détruit par les Suédois en 1633.
Au début du XVIIIᵉ siècle, le blason de Créhange disparaît et le mécontentement de la population envers les comtes s’accentue.

 

Révolution, rattachement à la France et mutations du XIXᵉ siècle

En 1791, le comté est transformé en seigneurie, mais les princes n’habitent plus le château, détruit pendant la Révolution française. Par le traité de Lunéville de 1801, Créhange est définitivement rattachée à la France. Les terres sont mises aux enchères et progressivement revendues à des particuliers, mettant fin à plusieurs siècles de domination seigneuriale.

 

Le XXᵉ siècle : l’ère minière et ses bouleversements

Le XXᵉ siècle marque une rupture majeure dans l’histoire de Créhange. Dans les années 1930, les houillères du Bassin lorrain prospectent le territoire et acquièrent de vastes terrains. L’ouverture de la Mine de Faulquemont en 1936 transforme profondément la commune. Une cité minière est construite, provoquant une croissance démographique rapide : la population dépasse alors les 4 000 habitants.

La mine structure la vie économique, sociale et culturelle de Créhange pendant plusieurs décennies. Après la Seconde Guerre mondiale, l’activité atteint son apogée. L’arrivée d’une main-d’œuvre venue de différentes régions de France et de l’étranger favorise un important brassage humain et culturel, laissant une empreinte durable dans l’identité locale.

À partir des années 1960, le déclin de l’industrie charbonnière s’amorce. La fermeture de la mine de Faulquemont en 1974 constitue un choc économique et social, entraînant une baisse temporaire de la population et une période d’incertitude. Les collectivités locales engagent alors une politique de reconversion fondée sur la diversification économique et la modernisation des infrastructures.

 

Créhange contemporaine : culture, lien social et renouveau territorial

À la fin du XXᵉ siècle et au début du XXIᵉ siècle, Créhange affirme une nouvelle ambition en plaçant la culture et le lien social au cœur de son développement. La construction du Créanto, inauguré en 2006, représente l’un des investissements publics majeurs de la commune. Véritable pôle structurant, Créanto accueille spectacles, projections cinématographiques et manifestations culturelles et associatives.

La médiathèque complète cette offre culturelle en favorisant l’accès à la lecture, à la culture et au numérique pour tous les publics. Le centre social renforce quant à lui la dimension humaine et solidaire de l’action municipale, en soutenant les familles, les initiatives citoyennes et l’animation locale.

Aujourd’hui, Créhange assume pleinement son héritage seigneurial et minier tout en regardant résolument vers l’avenir. Commune de résilience et d’adaptation, elle a su transformer les épreuves de son histoire en leviers de développement, affirmant une identité fondée sur la solidarité, la culture et l’engagement collectif au service de ses habitants.

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